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 « Le désespoir est le suicide du coeur ▬ Gayrfressa.

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MessageSujet: « Le désespoir est le suicide du coeur ▬ Gayrfressa.    Mar 1 Sep - 18:50

Mada
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« La folie est un bateau sur lequel on peut danser toutes ses nuits et qui un jour peut s'éloigner en laissant la mer se refermer derrière lui. » de Nadia Ghalem.

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La douleur est physique. La souffrance est mentale. Quand bien même la douleur soit physique ou mentale. Elle nous tue sans précaution. Elle nous arrache les tripes dans un cri d'agonie. Et la terre tremble. Secouée par les sanglots. Quand bien même la souffrance soit corporelle ou psychologique. Elle nous crève sans modération. Elle nous arrache la langue dans un mutisme sourd. La pluie tombe. Troublée par les larmes. Quand bien même la douleur et la souffrance soient physiques ou psychologiques. On en meurt. Elle nous arrache le cœur dans un cri sourd. Le ciel tonne. Ravagé par le mal. Physique est la douleur. Mentale est la souffrance.

Et de cette douleur nait une profonde tristesse. Celle qui laisse nos larmes couler le long de nos joues rouges. Silencieusement. Quand il n’y a plus de lumière et que le chagrin est trop grand. Ses sabots martèlent la terre. L’angoisse la prend à la gorge. Et de cette souffrance nait une profonde détresse. Celle qui laisse nos sanglots s’échapper de nos épaules fatigués.  Frénétiquement. Quand le monde devient sombre et que la peine est trop intense. Ses pas marquent le sol. Le dégoût la prend aux entrailles. Et de ses deux sentiments explosent en une myriade d’émotion. Et cette myriade de sentiment éclate en la Dorée, se fracasse contre son cœur.  

C'est quand on se sent tellement faible. Qu'une boule de terreur ce forme à l'intérieur de nous. Et cette boule noue son estomac.  Compressant son poitrail en lui donnant du mal à respirer. Les membres de la Dorée chancellent sous la fureur qui la prend. Et les arbres s'écartent. Le ciel gronde et les nuages pleurent. C'est quand on se sent tellement vulnérable. Qu'une boule de frayeur ce forme à l'intérieur de nous. Et cette boule noue sa gorge. Ecrasant sa poitrine en lui donnant de la peine à reprendre un souffle. Les membres de la Dorée vacillent sous la rancœur qui la gagne. Et les feuilles trépassent. La terre tremble et le monde s'effondre.

Et la jument d'or ne s'arrête plus. Tout comme la folie qui atteint son âme. Celle qui fait son chemin jusqu'à dans son esprit. Posant la graine de sa démence dans les tréfonds de ses pensées. Ses muscles se chauffent et se dessinent sous sa peau moite. Et son corps crie d'abattement. Il veut s'écrouler pour ne plus jamais se relever. Et la jument d'or ne s'arrête plus. Tout comme la folie qui ronge son âme. Celle qui fait son chemin jusqu'à dans son cœur. Arrosant la graine de sa rage dans les tréfonds de ses entrailles. Ses muscles se contractent et se tracent sous sa peau humide. Et sa tête hurle d'épuisement. Elle veut s'effondrer pour ne plus jamais se redresser.

Mais la fille de la Lune ne cesse pas. Ne s’arrête pas. Elle est déconnectée. Elle traverse les bois sans se retourner. Ses poumons crient à l’aide. Ils ont besoin d’air. Son corps envoie des signaux qu’elle ne perçoit pas. Le désespoir la rend aveugle. Elle se fait violence. Si bien que son esprit divague. La silhouette de la Déesse Félonne se dessine sous la pluie battante. Elle est la cause de son malheur. Celle pour qui elle éprouve une grande aversion.  Celle contre qui elle a dû se battre. Et la mélancolie la frappe de plein fouet, claquant dans son âme comme une punition. Elle trébuche mais se rattrape. Elle est confuse. Et sa déception est grande.

Mais la fille du Soleil ne cesse pas. Ne s’arrête pas. Elle n’est plus reliée à la réalité. Elle contourne les arbres sans les voir. Et ses bronches hurlent au secours. Ils ont besoin de respirer. Son corps envoie des signaux qu’elle ne décèle pas. Elle se fait violence. Si bien que son esprit divague. La silhouette de la Déesse de la Beauté se dessine sous la pluie fracassante. Elle est la cause de son tourment. Celle pour qui elle éprouve une forte répulsion. Celle pour qui elle a dû combattre. Et la nostalgie la frappe de plein fouet, claquant dans son cœur comme une sanction. Elle trébuche mais rattrape. Elle est honteuse. Et sa désillusion est intense.

Un éclair foudroie le ciel et le vent souffle. Tout comme elle. Ils crient vengeance. Damnation. Un poids pèse sur ses épaules. Des chaînes brûlent sa peau et se déchire. On appose sur son âme le sceau du martyre. Elle signe sa défaite qui a un goût d'amertume. Et intérieurement elle s'écroule et sombre dans l'obscurité. Un éclair déchire le ciel et le vent souffle. Tout comme elle. Ils crient vengeance. Malédiction. Un poids pèse sur ses épaules. Des cordes écorchent sa peau et se craque. On applique sur son cœur la marque du martyre. Elle signe sa défaite qui a un goût d'amertume. Et intérieurement elle s'écroule et quitte la lumière.

La Dorée secoue sa tête quand sa vue ce trouble. Mais la tâche noire ne disparaît pas. Et sa gorge brûle. Bien au contraire. Elle se fait plus grande. Les formes vacillent devant ses yeux. Et ses poumons brûlent. Le délire se joue d'elle. Son cœur se lamente secouer de frénésie. Et sa tête tourne. La Dorée secoue sa tête quand sa vue flanche. Mais la tâche sombre ne disparaît pas. Et ses membres brûlent. Bien au contraire. Elle se fait plus imposante. Les formes dansent devant ses yeux. Et ses bronches brûlent. Les hallucinations se moquent d'elle. Son cœur supplie secouer par la furie.  Et sa tête tourne. Et une voix ricane comme une hyène.

Et une voix crie. Une voix hurle. Arrête-toi !  Elle ne serait dire si elle venait de son esprit. Arrête-toi ! Ou si elle venait d'un autre. Arrête-toi ! Et la jument d'or, fille de la Lune et du Soleil obéissait et pilait comme jamais. Un nuage de poussière s'envolait alors qu'elle crachait de ses poumons en feu. Des cailloux tombaient dans le vide poussés par ses membres tremblants. Son corps tout entier était un brasier qui se consumait de l'intérieur. Secoués par des puissants spasmes. La jument d'or, fille de la Lune et du Soleil venait de s'arrêter à quelques millimètres du précipice. Un pas de plus et sa vie était fini. Vas-y. Maintenant saute.

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MessageSujet: Re: « Le désespoir est le suicide du coeur ▬ Gayrfressa.    Ven 11 Sep - 21:23

Gayrfressa
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C'était rouge. C'était bleu. C'était jaune. C'était vert. C'était orange. C'était rose. C'était violet. C'était marron. Et gris. C'était beau. Et hideux. C'était haine. Et amour. C'était courage. Et peur. C'était blanc. Et noir. C'était oui. Et non. C'était détermination. Et hésitation. C'était océan. Et désert. C'était gouffre. Et montagne. C'était froid. Et chaud. C'était jour. Et nuit. C'était matin. Et soir. C'était midi. Et minuit. C'était humide. Et sec. C'était tout. Et rien. Rien était tout. Tout était rien. C'était horriblement clair. Et incroyablement trouble. C'était néant. Et plein. C'était froid comme la vie. Et chaud comme la mort. C'était bon. Et mauvais. C'était doux. Et brutal. C'était plaisant. Et désagréable. C'était douloureux. Et relaxant. C'était fatigant. Et reposant. C'était précis. Et imprécis. C'était lumineux. Et ténébreux. En d'autres termes, tout se brouillait. Pourtant tout lui semblait incroyablement net. Elle était perdue. Tout en sachant où elle allait.

Martelant l'herbe tendre du champ des morts, elle s'était élancée derrière la Dorée, fuyant l'abomination derrière un nuage de cendres soulevées par ses foulées. La Caramelle ne s'était pas donnée la peine d'essayer de comprendre où se rendait la doyenne. À vrai dire, elle ne savait même pas pour quelle raison elle la suivait. En cet instant, elle ne réfléchissait plus. La seule chose qui comptait était de fuir la Blanche créature. S'éloigner de son malaise lui était vital. Autrement, dans la folie, elle plongerait. Si ce n'était pas déjà fait. Sans doute était-il déjà trop tard. Mais n'y avait-il pas toujours de l'espoir ? Inconsciemment, elle s'accrochait à cet espoir, infime fût-il. Elle s'y accrochait de tout ce eu de volonté qui composait son être. Inconsciemment, elle ne s'avouait pas encore vaincue. Elle n'était pas une grande battante, bien au contraire. Mais la peur la poussait. Vers l'inconnu. Vers le connu. Loin de cet endroit dans lequel elle ne remettrait jamais plus les pieds.

À vive allure, sans se laisser le moindre repos, elle fuyait. Se ménager, il n'en était point question. Galoper. Sans s'arrêter. Sa course ne se terminerait que lorsqu'elle s'écroulerait de fatigue ou qu'un obstacle infranchissable viendrait lui barrer la route. Autrement, elle continuerait jusqu'à ce que ses membres ne la portent plus. Alors elle tomberait. Et la folie la rattraperait. Elle la voyait, là. Derrière. Elle la poursuivait. Encore. Toujours. Sans relâche. Inlassablement, elle lui collait au derrière sans jamais l'atteindre. Son regard sanglant la poussait à galoper encore plus vite, poussant son organisme à son maximum. Elle la voyait. Là. Derrière. La fuir, il le fallait. On accélérait alors. Du moins, on en avait l'impression. Un coup d’œil jeté en arrière. Là. Elle était là. Encore. Infatigable, elle continuait de la poursuivre. Alors elle continuait. Suivant la Dorée encore et encore. Sans ménagement. Elle ne voulait pas se retrouver seule avec Elle. Elle ignorait où aller, suivre était le mieux à faire.

Naseaux dilatés, elle soufflait comme un buffle à chaque foulée. Ses sabots frappaient durement le sol. Ses membres amortissaient le choc tant bien que mal. Sa robe était couverte d'écume. Ses crins, volant au vent, suivaient le mouvement. Des larmes coulaient le long de ses ganaches avant de venir s'écraser sur son encolure. Ses yeux, écarquillés, ne semblaient guère tristes. Pourquoi pleurait-elle alors ? Elle l'ignorait. L'affolement l'empêchait de réfléchir. Pourtant ses yeux baignaient dans les larmes. Mais elle en ignorait la raison. Sans doute était-ce mieux ainsi. Ses sentiments étaient suffisamment bousculant, elle n'avait nul besoin d'y ajouter une quelconque peine. Pourtant peine il y avait, déjà. Cachée derrière la panique et la douleur, elle attendait sagement le moment où elle se montrerait réellement. Ses yeux grands ouverts balayaient les alentours. Sans pour autant voir. Elle voyait mais n'analysait pas. Seule Elle était clairement distinguée. Ainsi que la Dame.

Encore. Là. Derrière. Comment était-ce possible ? Encore. Là. Derrière. À ses trousses. Toujours. Mais la Dorée avait cessé brutalement sa course. La Caramelle aurait souhaité lui hurlé de continuer, qu'il ne fallait pas s'arrêter. Car elle était là, encore. Toujours. Inlassablement. Elle la poursuivait. Encore. Sa bouche s'ouvrit, découvrant ses blanches dents. La Caramelle tenta de crier. Elle tenta de crier à pleins poumons. Aucun son ne sortit de sa gorge. Rien. Silence. Affolée, elle rejoint la Dorée. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle comprit enfin la raison de son arrêt. Un pas de plus et elle ne bougerait plus. Un pas de plus et elle ne La verrait plus jamais. Un pas de plus et ce serait fini. En avait-elle conscience ? Non. Gayrfressa n'était déjà plus présente. Son regard pouvait en témoigner. Ce n'était plus la même peur. Ce n'était plus la petite boule au ventre paralysante, non. C'était différent. Plus fort. Plus paniquant. Elle sursauta. Derrière. Encore. Là. Elle La voyait. Elle ne L'avait pas semée. Encore. Là. Affolée, elle fixa la doyenne, qui avait elle-même l'air atteinte par les effets du cri de la Créature. « Elle est là. Elle arrive. Là. Il faut fuir ! » En un éclair, elle avait retrouvé la parole.

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MessageSujet: Re: « Le désespoir est le suicide du coeur ▬ Gayrfressa.    Mer 14 Oct - 20:48

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Paralysie.
La Dorée était paralysée. Elle était figée sur place comme elle était bloquée dans le temps. Toujours aussi près du bord, si proche du vide. Il était là. Plus qu’un pas, un corps qui bascule et c’était fini. Il était là. Cette idée était douce et ses voix rassurantes. Il était là. Et il n’attendait que toi. Qu’un pas. Un simple geste. Que tout se termine et qu’elle s’éteigne. Ses sabots ancrés dans le sol poussiéreux étaient la seule chose qui lui faisait garder les pieds sur terre. La Dorée était paralysée. Abandonne. Soufflait le vent à son oreille. Lâche prise. Suppliait la pluie sur son corps. Alors emmène-moi avec toi.

Brasier.
Tout son corps n'était que brasier. Le feu consumait son âme. Les flammes consumaient son corps. Elle brûlait de tout son être et même la pluie fracassante, qui s'abattait de toute sa force sur la mortelle, ne pouvait éteindre le brasier qui la tuait à petit feu. Sa gorge sèche brûlait. Ses poumons gonflés brûlaient. Ils avaient besoin de place. Ils manquaient d'air. Ils criaient. Elle devait reprendre un souffle. Ils avaient besoin d'un souffle. Mais son corps n'était que brasier. Et ce brasier brûlait chaque parcelle de peau, d'organe dont elle avait besoin, d'articulation sur lequel elle se reposait.  

Paralysie.
La Dorée était paralysée. Elle était figée sur place comme elle était bloquée dans le temps. Ses yeux toujours posés sur le vide qui s’étendait à ses pieds. Elle ne bougeait plus. Pourtant, son corps la secouait. Réveille-toi ! Les spasmes semblaient faiblirent doucement. Pourtant, son corps la punissait. Réveille-toi ! Quand les tremblements reprenaient violemment. Ses membres s’agitaient sous l’effet encore présent des spasmes. Causés par un effort bien trop intense pour un corps qui ne le supportait plus. Et son cœur bondissait bercé par les tremblements qui parcourraient son corps, la maudissant toujours plus.

Brasier.
Tout son corps n'était que brasier. Le feu consumait son âme. Les flammes consumaient son corps. Pourtant, elle demeurait sourde à la douleur qui avait pris possession de son organisme. Et qui se propageait toujours plus. Pourtant, elle ne réagissait pas comme si en ce moment-même, elle était inatteignable. Alors qu'il suffisait qu'un souffle la pousse dans le dos ou qu'une main caresse du bout des doigts sa joue. Un rien pouvait la faire vaciller à jamais. Mais alors que sa gorge brûlait, que ses poumons s'enflammaient, que ses membres tremblaient, que son cœur tambourinait. Elle demeurait impassible.

Paralysie.
La Dorée était paralysée. Elle était figée sur place comme elle était bloquée dans le temps. C'était comme si une partie d'elle avait été propulsé hors de son corps tant l'arrêt avait été immédiat. Etait-ce la partie d'elle-même qui attirait tant son regard dans l'obscurité du vide ? Viens à moi. Ou était-ce les murmures des défunts. Viens à nous. Soudainement un éclair zébrait le ciel avec une telle violence qu'il en faisait trembler le sol colérique. Ramenant  avec brutalité la Dorée dans ses sabots. Qui relevait la tête sur le ciel dans lequel des Dieux semblaient se déchirer avec ferveur et une extrême impétuosité.

Brasier.
Tout son corps n’était que brasier. Le feu consumait son âme. Les flammes consumaient son corps. Et pourtant on lui demandait un effort. Il fallait partir alors que son corps ne le pouvait plus. Encore un effort. Il fallait fuir alors que son corps ne le voulait plus. Toujours un effort. Ou lâcher prise une fois pour toute. Un dernier effort. « Elle est là. » Elle en avait oublié la présence à ses côtés. « Elle arrive. » Celle avec qui elle partagerait désormais un fardeau. « Là. Il faut fuir ! » Mais ce qui les pourchassaient ne pouvait être semé. Jamais. Quand bien même elles fuiraient au bout du monde. Elle les retrouverait. Toujours.  

Paralysie.
La Dorée était paralysée. Elle était figée sur place comme elle était bloquée dans le temps. C’est avec peu de force qu’elle plongeait ses prunelles dans ceux de la demoiselle, qui semblait être dans un état similaire au sien. Elles perdaient pieds. Vacillant dans un autre monde. Alors qu’elle se battait pour reprendre son souffle. Et pour la première fois depuis bien des années. Il n’y avait aucun masque, aucune barrière, aucune frontière, aucun voile. Elle ne se cachait pas. Elle ne se cachait plus. A quoi bon. Le résultat resterait le même. Elle n’était plus rien qu’une ombre. Elle était usée. Usée jusqu’à la moelle.  

Brasier.
Tout son corps n'était que brasier. Le feu consumait son âme. Les flammes consumaient son corps. Et dans un ultime effort. La Dorée se mouvait. S'éloignant doucement du précipice qui l'avait tant attiré. Comme si elle avait eu un électrochoc la ramenant un court instant à la réalité. Tout son être fut pris d'un frisson. Quand elle sentait enfin le froid de la pluie rencontrer violemment la chaleur de son corps. Et dans un ultime effort. La Dorée se mouvait. S'éloignant doucement de ce que craignait la demoiselle. Et quand un éclat de lumière éclatait dans le ciel. Elle revoyait les dents se fermer sur sa chaire. Et elle bondissait.

Et ce brusque mouvement lui arrachait une grimace presque imperceptible tant elle serrait des dents. Vacillant sur ses membres qui peinaient à se calmer tout comme son cœur qui s'affolait à chaque vibration. Posant ses yeux sur la demoiselle puis sur le chemin dont elles venaient d'emprunter. Une fois. Deux fois. Et à la troisième fois elle se détournait complètement du chemin, laissant ses prunelles s'ancrer dans ceux de la jument dont elle ne connaissait toujours pas l'identité. Reculant en crabe. Elle longeait la bordure du précipice. Alors, que fais-tu ? Viendras-tu à nous ou resteras-tu avec elle ?

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MessageSujet: Re: « Le désespoir est le suicide du coeur ▬ Gayrfressa.    Dim 15 Nov - 16:30

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Son corps, tendu à n'en pouvoir l'être plus, tremblait comme une feuille. L'on pouvait alors entendre les dents de la Caramelle s'entrechoquer sous le poids de cette peur irraisonnée qui en venait jusqu'à lui nouer la gorge. Un long frisson lui parcouru l'échine alors qu'elle sentit un souffle d'air plus frais sur ses flancs. Le ciel gronda. Ses oreilles se plaquèrent contre son crâne, trempé par la pluie s'abattant sur sa misérable carcasse. La sombre voûte lui semblait rire de sa situation. Mais l'alezane, sourde à ses remarques, restait obnubilée par ses pensées. Et enfin la foudre déchira les nuages. Et enfin elle réapparu. Elle. Sa blanche robe se détacha non loin de la lisière des bois aux couleurs flamboyantes. Ses yeux roulèrent dans leurs orbites. Horrifiée, elle se leva légèrement sur ses postérieurs, pivotant à l'opposé de sa vision. Et elle s'élança au galop. Du moins le voulut-elle. Il n'en fut pas ainsi.

Figée. Pétrifiée. Statue d'os et de chaire. Voici ce qu'elle était. Immobile, contemplant son pire cauchemar sans pouvoir faire quoi que se soit. Tout contrôle de ses gestes était perdu. On eût dit que son esprit s'était déconnecté de son enveloppe charnelle. Elle voyait. Elle sentait. Elle soufflait. Mais de bouger, elle n'en avait que l'impression. Elle se sentait reculer face à la fine silhouette à l'allure spectrale, une centaine de mètres plus loin. Pourtant, ses sabots n'avaient guère bougé. Toujours ancrés à leur position. Et ses muscles contractés, se trouvaient impuissants. Toute tentative de mouvement était voué à l'échec. Focalisée sur cette tache blanche au loin, la Demoiselle était incapable de toute autre chose.

Et un éclair cingla le ciel une fois de plus. Éblouie un instant, elle perdit de vue l'immondice. Ça n'allait plus. Ça ne pouvait aller plus mal. La Caramelle ressentait cette sensation de mort présente lorsqu'Elle s'était approchait d'elles. Cette horrible sensation. Désagréable. Collante. Répugnante. Dégoûtante. Écœurante. Une sensation qu'elle détestait. Une qui lui nouait les entrailles comme jamais. Elle avait touché le plus profond de son être, le marquant à jamais. Et sa peur s'était vue amplifié, comme jamais elle n'avait été. La terreur monopolisait ses pensées. Si bien qu'il lui sembla n'être autre que peur. L'espace d'un instant, les douleurs du passé avaient disparues. Sa famille tuée par la Blanche. Sa seconde mère elle aussi disparue. Et son charmant compagnon aux oreilles croissant de lune, lui aussi disparu sans dire mot. Et eux, ses bourreaux, fidèles de la félonne. Un instant elle en oublia leur existence. Comme si la Banshee faisait bande à part.

Et un éclair cingla le ciel une fois de plus. Simultanément, elle se vit encerclée de la Blanche et ses compagnes d'entre la mort. Elle ne pu les compter, surprise par sa vision. La lumière disparu, les Apparitions avec. Et un cri déchira ses tympans. L'alezane hurlait. Folle, elle le devenait. Cela ne pourrait cesser. Elle. Elle. Encore Elle. Elle ne la lâcherait donc jamais. Toujours derrière elle, elle le serait. Et enfin la jument retrouva les mouvements. La terreur de son regard était désormais visibles dans ses gestes. Elle piaffait, trépignait, se levait. Et elle reculait, trébuchait maladroitement. Ses naseaux vinrent tremper à plusieurs reprises dans le sol devenu boue. La pluie s'abattait encore sur leurs corps pourtant déjà fort trempés.

Panique et impuissance, voilà ce qu'il restait de l'alezane, précédemment guillerette. La tempête continuant, la plaie au fond de son cœur ne faisait que s'ouvrir plus encore. Ce jour, elle n'était pas prête de l'oublier. Que non. Bien au contraire. Un sursaut lui échappa. Elle venait de rentre dans quelque chose. Elle se retourna. Dans quelqu'un plutôt. La Dame Dorée. Obnubilée par la Blanche, elle en avait oublié sa camarade d'infortune. Elle aurait souhaité lui communiquer son désarroi, le partager avec elle. Et qu'elle aussi la rassure et lui dise qu'elle n'était pas la seule dans cette situation. Mais la parole et la capacité de penser raisonnablement lui étaient étrangers en cet instant. Et à son tour, elle se trouva fort intéressée par les falaises. Et la hauteur l'attira. Profondeur. Obscurité. La hauteur devait être conséquente. S'en était tentant. Elle sursauta en revoyant une paire d'yeux rouges dans son esprit. Elle devait lui échapper. Absolument. Comment ?

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MessageSujet: Re: « Le désespoir est le suicide du coeur ▬ Gayrfressa.    Mar 16 Fév - 11:32

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« C'était les grincements d'une machine qui n'éprouve pas de sentiment. C'était les hurlements sourds d'un cœur éprouvé par la complexité du monde, et qui, avec une certaine innocence, se fermait à lui pour ne vivre que sur une terre matérielle chevauchée par un ciel dont l'infinité avait une fin. »
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